Décembre, le dernier mois de l’année, l’occasion de dresser un bilan sur les grandes tendances en chirurgie esthétique au cours de cette année.

La chirurgie esthétique ne cesse de croître, ce n’est pas moins de 518 000 actes de chirurgie esthétique répertoriés en France cette année. La tendance n’est pas prête de s’inverser.

A la question de « pourquoi », une des réponses me semble être la place de plus en plus importante que l’on donne à son image, les réseaux sociaux n’étant pas innocents dans cette tendance.

Quelles qu’en soient les raisons, le plus important est de garder à l’esprit qu’il s’agit toujours d’un acte chirurgical et qu’une opération n’est jamais à prendre à la légère.

Lorsque les motivations sont bonnes et que les attentes sont raisonnables, il est alors tout à fait possible de concrétiser une demande.

Quelles sont les interventions phares du moment ?

Certaines interventions ont et auront toujours le vent en poupe, comme l’augmentation mammaire qui reste l’intervention esthétique la plus pratiquée au monde.

Mais ce culte du décolleté est en passe d’être détrôné par de nouvelles tendances, notamment dans le domaine de la chirurgie de la silhouette, en particulier la chirurgie des fesses.

De nouvelles techniques apparaissent et la place de l’utilisation de la graisse augmente d’année en année. En effet, il est intéressant de remarquer que de plus en plus de consultations pour une liposuccion se terminent par la fameuse question : « Et ne pourriez-vous pas utiliser ma graisse retirée pour augmenter ma poitrine ? Augmenter mes fesses ?… »

En effet, cette graisse, prélevée chez le patient, peut être réutilisée pour augmenter les seins ou les fesses, ou bien pour venir traiter des volumes perdus au niveau du visage ; de plus, cette technique présente bien des avantages. En effet, pas besoin d’utiliser un corps étranger pour obtenir du volume. De la même façon, le prélèvement de cette graisse, dans les zones où elle est excédentaire, permet d’améliorer les contours de ces zones de prélèvement.

Ce culte des courbes coïncide très bien avec le changement que l’on constate lorsque l’on parle de « physique idéal ». Le mannequin filiforme des années 90 vise à être remplacé par la femme voluptueuse, avec des formes assumées et non dissimulées.

D’autres interventions connaissent un essor important, par exemple la chirurgie intime.

Ce terme traduit la chirurgie de la sphère génitale, aussi bien chez l’homme que chez la femme. Les chiffres de l’ISAPS (International Society of Aesthetic and Plastic Surgery) vont dans ce sens. En effet, entre 2016 et 2017, une augmentation de 23 % des procédures réalisées dans ce domaine a été constatée. Ce domaine, large, traite aussi bien de l’esthétique de l’appareil génital par la réduction de la taille des petites lèvres (nymphoplastie) que du traitement de l’inconfort que subissent de nombreuses femmes dans les suites de la ménopause ou bien du traitement d’un cancer. En effet, le problème de sécheresse vaginale, souvent peu abordé car source de gène, peut être amélioré par des techniques simples telles que le laser ou les injections d’acide hyaluronique. Lorsque l’on connaît le lourd retentissement de cette atteinte chez une femme et que des solutions existent, il est essentiel selon moi de favoriser la diffusion de l’information à ce propos ainsi que l’accès à ces techniques.

Autre intervention en croissance constante, le Bodylift Inférieur ; 22 % d’augmentation sur la même période traduit bien cette tendance. Lorsque l’on sait que le nombre d’interventions en chirurgie bariatrique (chirurgie permettant aux patients obèses de maigrir) a été multiplié par 20 depuis 1997, il est logique et évident que le nombre de séquelles de ces amaigrissements majeurs augmente également.

Le bodylift inférieur reste l’intervention phare chez ces patients aux lourdes séquelles pour permettre la réhabilitation de leur silhouette.

De tous ces chiffres, un autre élément ressort. Bien que les femmes restent les plus grandes adeptes de la chirurgie et de la médecine esthétique, le nombre d’hommes ayant recours à ces interventions est en augmentation permanente. Ainsi, le privilège de l’accès aux soins esthétiques n’est plus l’exclusivité de la femme et l’homme cherche de plus en plus à améliorer son apparence, en ne se fermant plus aux solutions qui lui sont offertes.

En dehors de la chirurgie, n’oublions pas la médecine esthétique

Le côté moins agressif de la médecine esthétique par rapport à la chirurgie continue de séduire. Ainsi, une demande importante existe de la part des patients consultant un chirurgien plasticien pour des injections de toxines botulique ou d’acide hyaluronique, que ce soit dans un but de rajeunissement ou de traitement d’un complexe, avec le souhait que cela retarde un recours, qui dans les esprits est inévitable, à la chirurgie.

Or, rien n’est inévitable. Chaque cas étant singulier, le but n’est pas de toujours répondre par la même réponse à une multitude de demandes, toutes différentes de par la nature de celui ou celle qui la pose.

La médecine esthétique permet bien souvent d’apporter des solutions efficaces par des procédures douces et peu agressives et on retrouve certaines tendances en augmentation comme par exemple :

– l’utilisation des Skinboosters ; il s’agit d’un acide hyaluronique avec une formule particulière dont le but est de réhydrater et repulper la peau, aux premiers signes du vieillissement.

La rhinoplastie médicale, où comment éviter de se faire opérer de son nez lorsque des injections d’acide hyaluronique peuvent permettre de rééquilibrer un profil marqué par une bosse, une pointe qui tombe …

Mais ne perdons pas de vue une notion qui me semble importante : les patients désirent un résultat naturel !

D’où une expression que l’on entend et lit régulièrement : la French Touch. Cette expression peut traduire beaucoup de choses. Selon moi, elle traduit une volonté claire de la part des chirurgiens français à obtenir des résultats visibles, certes, mais sans jamais tirer vers l’excessif. Un résultat naturel est donc un résultat pondéré, respectant les proportions et l’harmonie du corps. Au-delà d’une volonté du chirurgien, ce souhait de résultat naturel fait aussi parti de la demande des patients français. A l’instar de ce que l’on peut observer outre Atlantique, où il existe une volonté marquée de résultats voyant et exubérant, la demande française se fait vers quelque chose de discret, élégant, raffiné.

Il sera intéressant de dresser un nouveau bilan fin 2020 pour continuer de suivre l’évolution de ces tendances.